La Journée des Rencontres des Acteurs publics, « Services publics, fonction publique : la puissance publique à l’heure de l’uberisation » (9 octobre 2017)

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Le ton est rapidement donné, dès l’intervention de Martine de Boisdeffre, présidente de la Section du rapport et des études au Conseil d’Etat : le terme d’uberisation a été choisi car il est compris par tous.

L’Etat lui-même doit s’adapter face au développement des plateformes, car les bénéfices peuvent être considérables : des services plus souples, plus efficaces, et moins onéreux peuvent être rendus via ces plateformes. Mais l’Etat est lui-même concurrencé par ce phénomène. Il doit ainsi revoir son périmètre pour se concentrer sur des métiers à forte valeur ajoutée, et encadrer le développement de ces plateformes. Son organisation, traditionnellement en silo, est remise en cause.

Comment adapter les ressources humaines publiques à la révolution numérique ?

Si l’Etat doit s’adapter, la réflexion en termes de ressources humaines est bien sûr inévitable. C’est ce sujet qui nous préoccupe à La Fabrique RH. Et c’était le sujet de la première table ronde de la journée, en présence de Thierry Le Goff, directeur général de l’administration et de la fonction publique, de Johan Theuret, Président de l’Association des DRH des grandes collectivités, et de Patrick Gérard,  directeur de l’ENA, conseiller d’Etat, et rapporteur général de l’étude du Conseil d’Etat « Accompagner l’uberisation ».

Trois grandes idées sont ressorties de ces échanges :

–  adapter le recrutement dans la fonction publique : rénover le RIE et rendre les emplois publics plus visibles et attractifs envers les développeurs informatiques et les data scientist, en commençant par adopter un discours positif sur l’Etat plateforme ;

–   accompagner la transformation numérique dans le public : en cartographiant les métiers qui seront touchés par cette transformation, en formant les agents aux outils numériques et aux méthodes agiles, et en favorisant la créativité des fonctionnaires.

–    développer une culture de l’innovation : ce qui, comme cela a été souligné plusieurs par Johan Theuret, passe évidemment par l’innovation managériale. Les jeunes agents qui entrent dans le secteur public sont déstabilisés par l’organisation pyramidale. Nous avons vu cela durant notre événement « la génération Y aux manettes » : la culture de l’innovation passe par une organisation plus horizontale, décloisonnée, qui favorisent l’expression des idées et l’autonomie des acteurs de terrain.

Une bonne nouvelle : tous les participants se sont dits heureusement de surpris de voir le nombre de projets, de capacités et de volontés de changement des agents publics. Cela raisonne bien évidemment avec notre ambition de favoriser les idées de tous les agents, y compris au niveau local, et de mettre en avant leurs compétences !

Favoriser une culture de l’innovation

L’idée que la clé de cette transformation numérique repose dans la diffusion d’une culture de l’innovation s’est également retrouvée dans la table ronde intitulée « De la nécessité de sensibiliser, de former et d’équiper les agents publics pour réussir la transformation numérique du secteur public ».

Etaient réunis Michel Derdevet, secrétaire général d’Enedis, Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État, Xavier Crouan, directeur général à l’information et à la relation au citoyen de ‎Nantes Métropole, et Pascal Saubion, directeur commercial secteur public d’Orange.

La transformation devra avant tout être culturelle. Ce qui signifie apprendre à travailler en transparence, en coopération, en s’autorisant à échouer et à tirer des leçons de ses erreurs. Ce qui signifie également s’obliger à diversifier les origines, les compétences et les parcours dans l’Etat. Ce qui n’est pas encore acquis, la table ronde entièrement masculine en témoignant : il faut penser la diversité des profils comme une richesse, et faire travailler ensemble des start-uppers, des fonctionnaires, des autodidactes, des chercheurs.

Quelques pratiques du secteur privé ont été évoquées, qui peuvent nous inspirer. Notamment, l’idée de créer un troisième lieu, qui ne soit ni la maison ni le bureau, où les agents peuvent venir se former entre eux à l’utilisation de nouveaux outils numériques. Ou encore, des espaces libres donnant la possibilité de créer des communautés de travail, selon les compétences et affinités des uns et des autres. Enfin, nous retenons l’idée d’un réseau social mettant en avant les compétences de tous les agents, y compris celles qui leur sont personnelles et qui ne sont pas forcément utilisées dans leur travail quotidien.

« Ne cherchez pas une innovation mais un innovateur », a déclaré Henri Verdier. Nous sommes ravis de voir que l’idée de favoriser la parole et l’action de tous les agents est bien acquise. Nous repartons de cette journée avec une nouvelle dynamique pour nos projets !

 

 

 

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